« Maman, on est pauvre ou on est riche ? »

Laurence Peltier est psychologue avec une expertise sur les enfants et les adolescents. Elle travaille depuis début 2019 aux côtés des équipes de Pixpay en tant que consultante.

Laurence Peltier répond à nos questions.

Quel est le rôle de l’argent de poche ?

Le rapport à l’argent pour le petit enfant est binaire : « On est pauvre ou on est riche ». L’argent de poche est un des moyens pour lui faire expérimenter une réalité bien plus complexe.

Le rôle de l’argent de poche est ainsi d’abord éducatif. Si on veut juste faire plaisir ou faire un cadeau, on donne une somme d’argent ponctuelle.

C’est un contrat de confiance entre un parent et un enfant. Il réunit plusieurs éléments, adaptés à l’âge de l’enfant :

  • La récurrence, une fréquence définie. Le parent ne peut pas le supprimer comme ça. A contrario, l’enfant n’aura pas d’avance sur son argent.
  • Un montant défini. le parent ne peut pas le diminuer, l’enfant n’aura pas d’augmentation ponctuelle.
  • Une liberté « cadrée » pour dépenser ce montant (pas de cigarettes, alcool…. selon l’âge…). Le parent ne demande pas de compte, si l’enfant transgresse ce cadre, le contrat peut être rompu.

Ce contrat de confiance est vertueux. Il permet à l’enfant de :

  • Faire connaissance avec lui même : quels sont ses besoins propres, ses envies, ses goûts.
  • Prendre conscience de la valeur de ce qui l’entoure, de ce qu’il possède déjà, de ce qu’il souhaite acquérir, de la pérennité / fugacité de ce qu’il a acheté.
  • Se construire dans ses projets (s’acheter un vélo par exemple) et être fier d’aller jusqu’au bout.
  • Gérer l’argent : se faire plaisir en dépensant pour soi, pour l’autre, en économisant…
  • Avoir une zone de liberté de pensée, d’agir, de consommer.
  • Rester à l’écart des discussions financières des parents qui sont anxiogènes.
  • Se sentir responsable, sérieux.

C’est son espace.

Raphaël, un de mes patients, n’osait pas demander à ses parents de l’argent pour aller au cinéma avec ses copains, ou pour acheter un cadeau à son amie. Du coup il se sentait exclu de certaines activités sociales.

Ses parents, à chaque demande, pensant bien faire, lui expliquaient la valeur de l’argent et se questionnaient sur la pertinence de cet achat. Raphael, ne voulant plus avoir systématiquement l’avis de ses parents sur ses choix, avait décidé de se priver.

Un échange familial a permis de donner un peu d’argent de poche à Raphaël, qui le cumulait pour accéder à ses propres envies, de façon très raisonnable.

 

En quoi l’argent peut-il être une source d’angoisse pour les ados ?

Gérer de l’argent est une source de préoccupation pour tous : « L’argent fond comme neige au soleil. »

L’adolescent va vite faire l’expérience que cette somme d’argent ne va pouvoir combler tous ses désirs. Il va donc falloir faire des choix, renoncer. C’est un apprentissage indispensable pour l’adolescent.

De plus, le monde des adolescents est un univers très sollicité par les marques, à une période où les adolescents sont en pleine construction identitaire, entre l’envie d’appartenir à leur groupe et celle de se singulariser. Il est important, quand l’enjeu est de cet ordre, que le parent place des limites financières.

 

Pourquoi est-ce important pour les enfants d’être accompagnés de leurs parents pour apprendre à gérer un budget en toute sérénité ?

Les enfants ont des envies : « maman, tu m’achètes ça s’il te plait », « papa c’est trop beau ça, je le voudrais, s’il te plait ».

Faire les magasins avec eux est une vraie source d’expérimentation des limites : « non, pas aujourd’hui », « non, tu en as déjà un », « non, tu n’en a pas besoin »… Et bien l’argent de poche, c’est la même chose.

En recevant de l’argent, le jeune est dans un « magasin géant » dans lequel il est sollicité par tellement de choses qu’il ne peut y arriver tout seul dans un premier temps. Définir ensemble le montant permet à chacun de s’exprimer sur les besoins, les envies… ainsi que sur la fonction de l’argent de poche et sur le principe des limites, du cadre, de la frustration.

La majorité des enfants sont si motivés qu’ils apprennent vite.

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Et Pixpay dans tout ça ?

Pixpay est une application qui possède plusieurs atouts.

C’est une facilité au quotidien, par rapport au « porte-monnaie du parent ».
En proposant aux familles une interface facile et simple d’utilisation, cette application apporte de la souplesse :

  • Le parent peut demander un service à son enfant, même si il n’a pas laissé d’argent sur la table (aller chercher du pain par exemple)
  • L’adolescent ne craint pas de perdre le billet qu’on lui a donné.
  • Le jeune paie le médecin, le pharmacien. Le parent suit et peut discuter sur le fond du rendez vous et non sur le remboursement.
Une de mes patientes, Clémence, possédait une carte bancaire sur le compte de ses parents. C’était une vraie preuve de confiance, mais cela ne posait ni cadre ni limite.

L’âge et les besoins croissant – et l’habitude s’installant -, Clémence a également utilisé cette carte pour ses propres envies. Jusqu’au moment où les montants ont été vraiment élevés.

La discussion parents-enfant qui a suivi était nécessaire mais il a été difficile pour Clémence de trouver que c’était légitime qu’elle doive dorénavant se raisonner alors que ses parents n’étaient pas dans le besoin.

Pixpay est aussi un support d’échange parent-enfant sur l’argent, pour le rapport au « porte-monnaie de l’enfant ».
Par sa modularité, l’application Pixpay permet à chaque famille de s’adapter à l’âge et au tempérament de son enfant.
Les parents et leurs ados peuvent échanger sur les « possibles », les « rêves », les « limites ». C’est un bon moyen de réfléchir également sur le sens de l’argent.

Enfin, dans le cas de comportements des jeunes un peu excessifs, Pixpay peut apporter des solutions :

  • Quand le jeune dépense tout et se plaint de ne plus avoir assez d’argent
  • Quand il ne dépense jamais rien car il a trop peur de manquer.

Le parent doit ensuite accepter que si l’enfant ne veut pas échanger sur sa manière de gérer son propre argent, cela reste son domaine.
L’autonomie et la confiance restent l’objectif.

L’argent de poche n’est pas un lieu de friction, de pression, de punition mais un lieu d’échange, de découverte de l’autre, de confiance.

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