La vraie histoire de l’argent de poche

De l'argent plein les poches

Pourquoi dit-on de l’« argent de poche » ?

Autrefois comme aujourd’hui, quand vous faisiez un achat, le commerçant vous rendait votre dû en petite monnaie. Sauf que jadis, les tenues des gens n’avaient pas de poches, et on conservait l’argent dans de sacs et des sachets. C’était bien fastidieux. Les seuls qui avaient une poche cousue à leur pantalon étaient les enfants, sans doute à l’origine pour y caler quelques billes, craies, lance-pierres et autres canifs. Du coup, quand on faisait ses courses en famille, il était plus pratique de confier ses sous à l’enfant, qui les conservait dans sa poche jusqu’au magasin suivant. Du moins, qui était censé le faire. Car si le galopin devait restituer la totalité des pièces à la demande, il n’était pas rare qu’une ou deux soient par mégarde « oubliées » au fond de sa poche…. D’où le terme « d’argent de poche ».

Dont on constate donc que le concept relevait, à l’origine, plus ou moins d’une escroquerie de l’enfant sur l’adulte. A méditer.

Mais a-t-on toujours donné de l’argent de poche à ses enfants ?

Pas du tout. Cette pratique est même relativement récente puisqu’elle remonte aux années 1960, période de forte croissance économique en Europe, et qui coïncide avec une certaine émancipation des femmes.

C’est ce qu’explique Marie-Claude François-Laugier, psychologue, psychanalyste, et auteur de L’Argent dans le couple et la famille : « À partir de 1965, la femme a pu ouvrir un compte bancaire sans l’autorisation de son mari. Poussée par l’avènement de la société de consommation, elle a pu librement donner à ses enfants de l’argent de poche ». Ah, toutes ces mamans trop gentilles, qui se sacrifient pour leur enfant, c’est beau et vieux comme le monde. Depuis, cette pratique n’a eu de cesse de se démocratiser et de s’étendre.

A partir des années 1980, les marques ont pleinement intégré ce phénomène. Ainsi, le marketing publicitaire a commencé à cibler les adolescents et, peu à peu, les enfants de plus en plus jeunes (maintenant dès l’âge de 6 ans). De quoi perpétuer cette petite « arnaque » pendant encore bien longtemps.

Bonne chance !

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